Les varices des jambes ne sont pas qu’une question d’esthétique. Non traitées, elles peuvent s’aggraver et se compliquer. Plusieurs solutions existent aujourd’hui, de la compression aux techniques qui ferment la veine malade. Voici ce qu’il faut savoir sur le traitement des varices des jambes pour en discuter avec votre médecin.

Faut-il vraiment traiter les varices des jambes ?
Une varice est une veine superficielle dilatée, conséquence d’un reflux veineux qui fait stagner le sang dans la jambe. Le phénomène est fréquent : en France, les manifestations de l’insuffisance veineuse concerneraient au moins 18 millions de personnes, dont 10 millions présenteraient des varices.
Les varices se manifestent souvent par des signes que le traitement cherche à soulager :
- Une lourdeur et des douleurs des jambes, surtout en fin de journée
- Des œdèmes de la cheville le soir
- Des démangeaisons le long du trajet variqueux
- Des crampes nocturnes
Traiter les varices répond ainsi à deux objectifs : soulager ces symptômes, quand ils gênent le quotidien, et surtout éviter l’aggravation. Sans prise en charge, la maladie peut évoluer vers des troubles cutanés, voire un ulcère. Le risque n’est pas théorique : une étude prospective rapporte que 3,6 % des personnes atteintes développent une ulcération en cinq ans, une proportion qui monte à 14,4 % en cas d’antécédent de phlébite. Toutes les varices ne se traitent pas de la même façon, et la décision revient au médecin après un bilan.
Quelles solutions pour traiter les varices ?
Selon Sonovein®, le traitement des varices sans chirurgie désigne la prise en charge du reflux veineux réalisé sans éveinage ni incision, dont seul le traitement par les HIFU se pratique sans franchir la peau, les autres recourant à une ponction ou à un cathéter. En pratique, la prise en charge associe des mesures de fond et des techniques ciblées :
- La compression élastique est le traitement de référence. Sous forme de bas ou de collants de classe 2 ou 3, elle réduit la dilatation des veines et accélère l’écoulement du sang.
- La sclérothérapie consiste à injecter dans la veine un produit sclérosant, liquide ou en mousse, sous guidage échographique. Réalisée au cabinet, elle convient surtout aux varices de petit diamètre.
- Les techniques endoveineuses par laser ou radiofréquence ferment la veine par la chaleur, sous anesthésie locale, via un accès transcutané par cathéter.
Parmi ces approches, le traitement non invasif des varices avec Sonovein utilise les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) pour refermer la veine responsable depuis l’extérieur du corps, sans incision ni anesthésie générale, sous contrôle d’imagerie en temps réel. C’est la seule de ces techniques qui traite le reflux sans franchir la peau. Le choix de la méthode revient au médecin, en fonction du réseau veineux et de l’état de santé de chacun. Un point commun réunit ces approches : elles visent à supprimer le reflux à l’origine des varices, et pas seulement à faire disparaître la veine visible. C’est ce qui rend le bilan préalable si important.
Le bilan préalable : l’écho-Doppler
Aucun traitement ne se décide sans examen. L’écho-Doppler veineux cartographie le réseau, repère les veines en cause et mesure l’importance du reflux. C’est lui qui distingue une varice isolée d’un reflux de la grande veine saphène, et qui oriente vers la technique la plus adaptée. Cet examen indolore guide aussi certains gestes, comme la sclérothérapie ou les techniques endoveineuses.
Sur quels critères choisit-on le traitement ?
Il n’existe pas de traitement universel des varices. Le médecin arbitre en fonction de plusieurs éléments, souvent combinés :
- Le type et la taille de la veine : une petite varice localisée ne se traite pas comme un reflux de la grande veine saphène.
- La présence d’un reflux documenté à l’écho-Doppler, qui détermine s’il faut fermer la veine responsable ou se limiter à un geste ciblé.
- L’état artériel de la jambe, évalué par la mesure de l’index de pression systolique, car une compression forte peut être contre-indiquée en cas d’artériopathie.
- Les antécédents et l’état de santé : allergies, troubles de la coagulation, antécédent de phlébite ou maladie cardiovasculaire orientent le choix.
- Le mode de vie et les attentes du patient, entre confort, durée de récupération et contraintes professionnelles.
Cette approche personnalisée explique pourquoi deux personnes présentant des varices comparables peuvent se voir proposer des solutions différentes. Le bilan initial reste donc l’étape déterminante.
La chirurgie : pour quelles varices ?
La chirurgie reste indiquée pour les varices importantes, avec un reflux saphène et un volume variqueux marqué. Elle se pratique le plus souvent en ambulatoire et regroupe plusieurs gestes :
- La crossectomie, ligature de la veine à sa jonction
- L’éveinage (ou stripping), qui retire la grande veine saphène
- La phlébectomie, extraction de varices par de petites incisions
Ces interventions sont efficaces, mais plus lourdes que les techniques mini-invasives ou non invasives. Elles sont donc réservées aux situations qui le justifient, après évaluation spécialisée.
Récupération et remboursement : à quoi s’attendre
La durée de récupération dépend de la technique choisie. La sclérothérapie se réalise au cabinet, sans immobilisation particulière. Après un traitement endoveineux, la reprise du travail se situe généralement entre le quatrième jour pour une activité sédentaire et le huitième pour un travail physique. La chirurgie, plus lourde, demande un temps de convalescence plus long.
Côté remboursement, les situations diffèrent d’une technique à l’autre. Le traitement des varices par radiofréquence est remboursé par l’Assurance Maladie, une technique mini-invasive dont la Haute Autorité de Santé recommande un suivi attentif de la pratique. Le laser endoveineux, lui, n’est pas remboursé, tout comme les veinotoniques. La compression est prise en charge sur prescription. Ces points méritent d’être vérifiés avec votre médecin et votre mutuelle avant de décider.
Après le traitement : compression et prévention des récidives
Quel que soit le traitement, le suivi et l’hygiène de vie conditionnent le résultat. La compression est souvent prescrite après le geste pour soutenir la cicatrisation veineuse. Au quotidien, quelques habitudes limitent le risque de récidive :
- Marcher régulièrement pour entretenir la pompe musculaire du mollet
- Éviter la station debout ou assise prolongée
- Surveiller son poids et limiter l’exposition à la chaleur
- Surélever les jambes en fin de journée
Les veinotoniques, prescrits par cures, peuvent soulager les sensations désagréables, mais ils ne remplacent ni la compression ni le traitement de la cause. Une varice traitée ne protège pas définitivement : de nouvelles varices peuvent apparaître si le terrain veineux reste fragile.

Quand consulter
Un avis médical est utile dès que les varices deviennent gênantes ou évoluent :
- Des varices douloureuses, chaudes ou qui grossissent
- Un œdème persistant de la cheville
- Une peau qui brunit, se durcit ou démange autour de la cheville
- Une petite plaie de jambe qui tarde à cicatriser
Si vous constatez ces signes, prenez rendez-vous pour un bilan veineux. Plus la prise en charge est précoce, plus les options sont simples et le résultat durable.
Questions fréquentes sur le traitement des varices
Peut-on soigner les varices sans opération ?
Oui. Plusieurs techniques traitent le reflux sans chirurgie : la sclérothérapie, les procédés endoveineux par laser ou radiofréquence, et le traitement non invasif par ultrasons focalisés. La chirurgie n’est réservée qu’aux formes les plus importantes. Le choix dépend du type de varice et du résultat de l’écho-Doppler.
Le traitement des varices est-il douloureux ?
Les techniques actuelles limitent l’inconfort. La sclérothérapie se réalise au cabinet par de simples injections, les procédés endoveineux sous anesthésie locale, et l’approche non invasive sans incision. Une gêne passagère, des ecchymoses ou une sensation de tiraillement peuvent survenir après le geste, mais restent le plus souvent modérées.
Une varice peut-elle disparaître toute seule ?
Non. Une varice constituée ne régresse pas spontanément, car la veine a perdu sa fonction de retour. Seules certaines varices apparues pendant la grossesse peuvent s’atténuer après l’accouchement. Dans les autres cas, un traitement est nécessaire pour supprimer la veine responsable.
Les varices reviennent-elles après traitement ?
C’est possible. Traiter une varice ne change pas le terrain veineux, et de nouvelles varices peuvent se former avec le temps. La compression, l’activité physique et une surveillance régulière réduisent ce risque de récidive.
Varices et varicosités, est-ce la même chose ?
Non. Les varicosités sont de fines veines superficielles, souvent prises en charge pour des raisons esthétiques. Les varices sont des veines plus larges, liées à un reflux, dont le traitement répond à un enjeu médical et pas seulement cosmétique.
Le traitement des varices des jambes n’a rien d’unique : il s’adapte à chaque situation, de la compression aux techniques qui ferment la veine malade. Le point de départ reste toujours le même, un diagnostic vasculaire précis qui permet de choisir la solution la mieux adaptée à votre cas. N’hésitez pas à poser toutes vos questions lors de la consultation : bien comprendre les options disponibles vous aide à décider en confiance, avec votre médecin.
Sources
- Ameli (Assurance Maladie), Traitement des varices des jambes, 2026
- VIDAL, Le traitement des varices
- Haute Autorité de Santé (HAS), Traitement des varices par radiofréquence
- La Revue du Praticien, Définitions et épidémiologie de la maladie variqueuse
